(1)
MARTYRS À L'AUBE DU
TROISIÈME MILLÉNAIRE
Plus besoin de miracles!
Qui doute de héroïcité des vertus
De quelqu'un qui verse le sang
Pour vouloir rester,
Pour vouloir aimer?
Ils ont aimé leur peuple,
Commensaux de pain et de sel.
Des maux de leurs pays les cœurs pleins
Ils n'ont pas voulu partir!
Ils seront solidaires dans les peines,
Violence et mort
Endurées par des milliers.
LES SEPT MOINES TRAPPISTES
Même LUC, le vieux médecin
Qui soignait leurs blessés
Prouveront qu'exposer la vie
Est plus digne que partir!...
Ils seront semence de vie,
Ils seront semence de paix.
L'Algérie flambe
Assoiffée de mort!
Mais un jour elle comprendra
Que ces habits empourprés
Transformés en drapeaux
Sont un signe pour eux! …
L'évêque d'Oran,
Homme du pays, pied-noir,
PIERRE CLAVERIE
Ne partira pas non plus!
"Sauver l'avenir
Avant de nous sauver, nous!"
La cathédrale pleine
Le jour des funérailles,
Des gens qu'il a aimés
Dans leur credo différent,
Dira que "vivre avec"
Est possible en terre d'Islam!
Dans le camp de la mort
Religieux, religieuses,
(Ils sont déjà dix-huit)
L'attesteront eux aussi!
Ici a vécu CHARLES DE FOUCAULD
Prêtre et ermite,
Lui aussi victime,
Lui aussi témoin,
Aux premières pages
De ce martyrologe moderne.
(2)
MADRE TERESA DE CALCUTTA
La gloire ne vient pas d'une exquise beauté
Ni jaillit de la fortune héritée.
La renommée n'est pas née du pouvoir
Ni le souvenir de ton nom
D'une majesté acquise.
C'est à peine si I'on se rappelle
Ton Prix Nobel de la paix !
Beaucoup ne connaissent
Même pas tes hauts faits.
Et pourtant
On consacrera une journée en Inde
Pour célébrer ton passage dans le siècle,
Un million escortera le cercueil,
Hindous, chrétiens, musulmans …
Assemblés dans la commune peine
Trouvant la concorde à ton départ !
La première dame et la reine,
Ainsi que ministres et diplomates
Seront mêlés à ce cortège sombre
Des parias anonymes, mélancoliques humains
Que tu as préférés.
Ah ! Que c'est vrai, incontestable,
Ce que je dirai :
Ce soir, la terre est devenue plus pauvre,
Tes rayons sont bannis du taudis,
Sans toi, la table est moins servie !
Qui oublie ton mot lourd de tendresse :
"Donnez-moi les bébés que l'on refuse" ? …
Ton amour sans jugement pour tout être déchu
Ton regard sur le pauvre – autre Jésus
Nous ont fait t'appeler MADRE.
Et Madre tu as été pour les mourants sans espoir.
Tu seras aux côtés de Thérèse d'Avila,
Et de celle de Lisieux,
Notre Teresa de Calcutta !
MOTHER THERESA OF CALCUTTA

The fame, I say,
From power is not born,
Your name will not be recalled
Because of acquired glory.
People hardly remember
Your Nobel Peace Prize.
Neither from exquisite beauty
Comes the honor
Nor from inherited riches
Arises the renown.
And so many don't know
Even your high deeds.
In spite of all that
In your country of choice
INDIA
One entire journey will be consecrated
To celebrate your passage
Through our ailing Earth,
In which one million
Will escort your sacred coffin
Hindus, Christians, Muslims …
Assembled all in common mourning
And finding harmony in your departure.
The First Lady and the Queen
Diplomats and ministers
Are there, among so many
Thankful people,
A very gloomy crowd
Of anonymous pariahs,
Melancholic human
Which you loved
And preferred above all…
The poorest men of the poor!
Here was your option,
Here was your heritage!
Ah! It is true, undeniable
What I'm now affirming:
This evening, the Earth became more poor
Your rays are vanished from dirty rooms.

Without you, the dinner is not served!
Who can forget your words
So caustic but full of tenderness:
"Give me, I beg you, the rejected babies" ?!
It is your love without judgment
For all fallen humans,
It is your loved looks
At that wretched Lazarus
In which you saw Jesus,
It is surely that, the reason
Of your sweet name MOTHER.
Mother you were when your warm hands
Consoled the chilly bodies.
Mother you were when your lovely words
Comforted desperate souls.
Mother you were when the unction
Of your pure fingers
Closed the eyes of dying beggars.
Now you are
Beside Teresa d'Avila
And Thérèse de Lisieux
Our blessed and unique
Teresa de Calcutta!
الطوباوية الأم تريزا دي كلكتا
إن المجد لا يأتي من خلال جمال فاتن ولا يتدفق عن طريق ثروة موروثة ، إن الشهرة ليست وليدة السلطة كما أن ذكرى اسمك لا يأتي من عظمة مكتسبة. بالكاد لو تذكرنـــأ
منحك جائزة نوبل للسلام. الكثيرون يجهلون أيضا أعمالك العظيمة . ومع هذا لقد كُرِّس في الهند يوم للاحتفال بعبورك إلى السماء. ومليون من المُشِّيعين يحرسون نعشك هندوسا ومسيحيين ومسلمين ...
تجمعوا يوحدهم الحزن ، متفقين في العزاء برحيلك. السيدة الأولي، ملكة، وزراء ودبلوماسيون امتزجوا في هذا الموكب الأليم ، بالإضافة إلى المنبوذين من الهنود وأناس مغمومين الذين كنت تختارينهم. آه ! إن ما سأقوله هذا المساء لهو حقيقة لا جدال فيها: أصبح العالم أكتر فقراً بدونك، المائدة ينقصها الكثير (ومن ينسى قولك المليئ بالحنان: أعطوني الأطفال الرضع الذين ترفضونهم؟...)
تحبين كل كائن بغير إدانة وتهتمين بكل فقير: فهو مسيح آخر ، فلذلك لُقبِّت "أماً".
وكنت أما لكل عليل فاقد الأمل. سوف تمكثين بجانب تريزا دافيلا وتيريز ذو ليزيو... الطوباوية أمنا تريزا دي كلكتا
ترجمة عادل رفيق حكيم
(3)
LA PASSION DE COMBONI

Comboni agonise
Un frisson d'angoisse, de peur
Fait trembler le Soudan
Secoue l'Afrique Centrale.
Tant de vies fauchées
Par la malaria et les fièvres
Missionnaires qui partent
Missionnaires qui meurent
Mais d'autres les suivront…
Très jeunes
Une idée, une passion
Leur vie ne compte pas:
Un jour cet homme avait crié
-L'Afrique à Dieu ou la mort!
Qu'importe un demi siècle de vie
-Pas plus qu'un demi siècle-
Si la semence qui meurt
Produit des fruits innombrables?
Anouarite, Bakhita, Isidore…
Ce n'est pas l'épopée d'un homme
C'est un idéal qui galvanise
Les rangs des nouvelles recrues
-Je meurs, mais l'œuvre continue!
Les frontières du pays
Ont des limites lugubres
Que voici:
Les centaines d'esclaves
Morts au désert
Carcasses affreuses au long du chemin
Survolées par des vautours
Indiquent la route
Aux nouveau rêveurs
D'une Afrique paisible!
Des femmes, par centaines
Enlevées sans défense
Poussent des cris: Non! Non!
Avide de gain
Bafoue le nom divin.
Vains sanglots!
La sueur des Noirs
Arrose la fortune.
Comboni agonise
Mais d'autres sont déjà là:
LAVIGERIE, MASSAIA, FOUCAULD,
DE MARION BRESILLAC…
Le prêtre anonyme
Aura aussi sa croix
Sur un rocher ignoré.
Les Sœurs Blanches
Qui veillent très tard
Au chevet d'un petit mourant
Sont au front, toujours, encore,
À travers le Nil, les bois et les champs.
Martyrs qui n'auront jamais
Un souvenir sur l'autel
Mais le trône auguste
D'un cœur africain!
Daniel Comboni est un des grands missionnaires de l'Afrique au XIX ème siècle, fondateur de deux instituts religieux et premier évêque de l'Afrique Centrale.
دانيال كومبوني (الولع البراق)
يُعَد دانيال كومبوني أحد المرسلين لأفريقيا في القرن التاسع عشر ومؤسسا لمعهدين دينيين وأول مطران لأفريقيا الوسطى.
كومبوني يحتضر ! قشعريرة ورجفة من الضيق والعذاب والخوف تزلزل السودان وتهز أفريقيا الوسطي. أرواح عدة حُصِدَت بواسطة الملاريا والحمى. مرسلون يرحلون ومرسلون يموتون ولكن آخرين يحلّون محلهم ...
في فجر الشباب ، لمجرد فكرة وولع عظيم فإن حياتهم لا ثمن لها: وفي يوم صاح هذا الرجل : "أفريقيا مكرسة لله أو الموت!" ماذا يهم نصف قرن من العمر ؟ ولو ماتت البذرة ، ألم تنتج ثمارا عديدة ؟ أنواريت ، بخيته ، إيزيدور ... ليست مجرد مَلحمة إنسانية وإنما هي فكرة تجذب صفوف الجنود المستجدة. ويضيف هذا الرجل : "أنا أموت ولكن العمل يستمر وينمو!" إن حدود هذا البلد لها نهايات محزنة وهي: مئات من الأسرى والعبيد يموتون في الصحراء ، هياكل من العظام الرهيبة على طول الطريق حلق فوقها النسور تشير إلى الطريق لكل حالم جديد بأفريقيا آمنة .
مئات من النساء يُختَطَفن دون مقاومة، يصرخن، يصيحن: لا! لا! وهن في الطريق للبيع.
أوربا المسيحية متعطشة للربح والمكسب وتستهزئ باسم الله . نحيب دون جدوى! إن عرق البشرة السوداء يروي وينمي الثروة والثراء. كومبوني يحتضر ! ولكن آخرين موجودون هنا : "لا فيجيريه" "ماسايا" "شارل دي فوكوه" "دي ماريون بريزلاك".

والكاهن المجهول ... يرتفع صليب قبره على صخرة مجهولة. الراهبات ذوات الرداء الأبيض اللاتي يسهرن بجانب وسادة مريض صغير ينازع ، هن أيضا دائما في المقدمة عبر نهر النيل والغابات والحقول. كلهم شهداء لن يكون لهم أبداً أية ذكرى على الهيكل ولكن سيكون القلب الأفريقي هو عرشهم الرهيب!
ترجمة عن الفرنسية عادل رفيق حكيم
(4)
CLAVERIE
VIVRAS - TU CE SOIR?

Par fidélité à l'Algérie
Par fidélité à Dieu Hommage à Pierre Claverie,
Tu es resté. Dominicain, évêque et martyr,
Comme les sept moines tombé le ler août 1996,
De la Trappe de Tibhirine et à ses côtés aussi
Et à la suite des Pères Blancs, son ami fidèle,
Des Religieux et des Religieuses, un jeune Algérien musulman
Tu n'es pas parti
Pour chercher l'entente
Au pays lacéré
Un lendemain moins brumeux
Sans la furie de la haine
Eux et toi, solidaires,
Courant le risque fatal :
Rester, rien de plus impérieux
Mais…vivras-tu ce soir ?
Sachez que le bon pasteur
N'abdique pas son droit
Ni déserte - la nuit -
Se dérobant au péril.
Claverie, figure claire
Claverie, évêque d'Oran
Claverie, clavier d'harmonie
Figure transparente
Où se reflétait le Très-Haut,
Où rayonnait éclatante
L'Eglise de Jésus.
Il s'agit d'un choix
Coûte que coûte
(Claverie, vivras-tu ce soir?)
Il ne faut pas fléchir
C'est ma parole ultime :
Pour l'Algérie, pour son peuple,
On sera témoin et martyr !
Que je périsse, qu'importe-t-il?
Pourvu que je sois
La cible dernière…
Et parmi les avertisseurs
Qui rêvent de justice
Le veilleur dernier !
Dépouillé, dépossédé
Il vit déjà l'au-delà :
Rongé par le tourment
De la vérité à tout prix
Parvenu au dénuement absolu …
Faut-il encore lui ôter
De l'espoir la menue flamme?
Merci, Pérennès
Qui m'as fait survivre
Dans ton livre
Si touffu de vie et de vaillance
Si rempli de combats.
Condensé senti et vrai !
Merci d'avoir éternisé
Le bouillonnement insolite
De mes idées, rêves et actions.
Merci, mon peuple
Qui n'oublies pas
Le sacrifice du frère
Qui a voulu compatir
Jusqu'au bout compatir.
Merci, mon Dieu,
Qui as accepté
Mon humble eucharistie
L'offrande du pain broyé
Du sang versé
Volontairement versé
Mêlé à l'autre sang
De l'ami fidèle
L'algérien Mohammed.
Une explosion, et c'est tout.
Tombé muet au seuil d'une chapelle
Où tant de fois je te parlais
Je t'aurais dit un dernier mot :
J'avais prévu, j'avais voulu...
Je pardonne, cela aussi !
كلافيري

هل تحيا هذا المساء؟
إخلاصاً للجزائر
إخلاصاً لله
مكثتَ.
مثل الرهبان السبعة
في دير" تيبرين"
وعلى خطى الآباء البيض
والرهبان والراهبات
قد رفضَت الرحيل،
وذلك للبحث عن التوافق والسلام
لهذا البلد الممزق
ومن أجل غد أقل ضباباً
وخالِ من هيجان الكراهية
هم وأنت متضامنون
في اجتياز المخاطرة المحتومة
مكثتَ ، وكان هذا أمراً مُلِحّاً جداً
ولكنْ ... هل تحيا هذا المساء ؟
فاعلموا أن الراعي الصالح
يتمسك بحقوقه
ولا يترك الخراف
ولا يختبئ بعيداً عن المخاطر
كلافيرى ، هذا الوجه المضئ
كلافيري مطران " أوران"
كلافيري ، إيتها القيثارة ذات الألحان المتناغمة،
أيها الوجه الشفاف
حيث ينعكس نور العلي
وتشع ببهاء
كنيسة يسوع الحي .
كان هذا اختيارك
مهما كلفك الأمر
ولكن " كلافيري ، هل تحيا هذا المساء؟ "
لا يجب الانحناء
إنها كلمتي الأخيرة
من أجل الجزائر ومن أجل شعبه
سأكون شاهداً وشهيداً !
فإن هلكتُ ، لا يهم!
شريطة أن أكون الهدف الأخير
ومن بين الحكماء
الذين يحلمون بالعدالة
أن أكون آخر الساهرين
زاهد في الحياة / يحيا في الأبدية
مهموم بالبحث عن الحقيقة بأي ثمن
فبلغ التجرد التام ...
فهل تحرمه أيضا
من شعلة الرجاء الصغيرة؟
شكراً يا " بيرنيس"
أنت الذى أحييتنى من جديد
فى كتابك الملئ
بالحديث عن الحيوية والشهامة
والزاخر بالكفاح.
هذا الكتاب المركَّز الحقيقي
الذي يمس الوجدان
شكراً لأنك خلدت
التواتر الفريد لافكاري
وأحلامي وأفعالي.
* * *
شكراً لشعبى
الذى لا ينسى
تضحية الأخ
الذى أراد أن يشاطره آلامه
إلي الغاية ...
شكراً يا إلهى
لأنك قبلت قرباني المتواضع
تقدمة الخبز المطحون
والدم المسكوب
المسكوب طوعاً
- والذي اختلط بدم آخر
- هو دم الصديق الوفى
- الجزائرى" محمد"
- انفجار .... انتهي كل شئ
- سقطت صامتاً أمام الهيكل...
- حيث كنت أتحدث معك
- يا إلهى كثيراً
- لو كان بإمكاني لقلت كلمتي الأخيرة:
- كنت أعلم ، كان هذا اختياري ...
- وسأغفر !
ترجمة من الفرنسية
عادل رفيق حكيم
(5)
Petite Soeur Magdeleine de Jésus

Je compte chanter en vers
L'épopée exaltante de la grande
Petite Sœur parisienne
Qui perd deux frères au front
Et devient la sœur de tout humain.
Elle rêve d'une vie au Sahara,
Cachée, inconnue,
À l'instar d'un autre géant
Notre héroïque frère Charles
Le contemplatif du désert
Qui suscite une file ininterrompue
De Sœurs ouvrières,
De Sœurs vivant avec des nomades,
Ou au milieu des Gitans,
Petites Sœurs parmi les Pygmées…
Qui pouvait l'arrêter?
Elle perce le rideau de fer
S'envole vers la Russie et la Chine.
Elle veut ses filles…arabes,
Orientales en Orient,
En Amazonie…brésiliennes!
Et s'il en faut
Sentinelles de la Justice
Défendant les sans voix…
Mais aussi et surtout
Seules avec Lui,
Au Tabor…dans un secret à deux!
L'Esprit verse dans son cœur
Le feu d'un désir jamais rassasié
D'embrasser et d'embraser le monde
De le faire brûler…de Son amour à Lui
Et de son amour à elle.
Elle demande à ses Compagnes
D'être divinement humaines
Et humainement divines,
Proches des exclus, très petites,
Circulant en habits pauvres
Mais qui par là crient
Un bonheur de l'autre monde.
Qu'elles sourient et fassent sourire
Ah! ces yeux des Petites Sœurs
Qui reflètent le sourire de Dieu
Sur un monde désenchanté,
En proie à un redoutable désarroi.
Petite Sœur Magdeleine,
Âme avide et insatiable,
Qui veut tous les humains au ciel!
Elle ne cesse de répéter:
Me faire un avec l'autre
Avec constance, ténacité,
Afin que l'autre
Devienne moi!
De ses Petites Sœurs
Elle ne demande que la bonté,
Que celle-ci soit leur apanage.
Qu'elles soient encore
Immensément bonnes,
Profondément bonnes,
Infiniment bonnes.
Et, en plus,
Qu'elles n'oublient point
Le devoir impérieux
D'une immolation continuelle
Pour les autres, pour les lointains
Qui n'ont pas eu la chance
De connaître le Cœur,
Ce grand cœur ouvert
D'un Dieu fait homme!
Qu'elles se laissent envahir
Par un torrent d'espérance
Dans le Tout-Petit, maître de l'impossible,
Et en Marie, étoile conductrice
La confidente de leurs rêves
Afin d'arriver un jour
Aux quatre coins de la terre,
Portant la nouvelle Eglise
A son originale réalité:
Le corps divin, monde indivis,
Du compatissant Fils de l'Homme!

"Dieu m'a prise par la main,
et aveuglément j'ai suivi…"
Petite Sœur Magdeleine de Jésus
Fondatrice des Petites Sœurs de Jésus
26.4.1898 – 6.11.1989

الأخت الصغيرة مادلين يسوع
مؤسسة رهبانية "أخوات يسوع الصغيرات
توفت الأخت مادلين يسوع في 16 نوفمبر 1989 في روما عن عمر يناهز 91 عاما وهي مؤسسة رهبانية "أخوات يسوع الصغيرات".
ولدت في 1898 وفي أكتوبر 1939 أسست المجموعة الأولى في الصحراء الكبرى بشمال أفريقيا.
وقد احتفلت هذه الرهبانية في السنة الماضية باليوبيل الذهبي لتأسيسها.
ورثت الأخت مادلين حبا كبيرا لأفريقيا وللشعب العربي من والدها الذي كان طبيبا في الجيش الفرنسي وقضى خدمته العسكرية في شمال أفريقيا وقد تعلمت أيضا من الأخ شارل دي فوكو حبه للصحراء والحياة التأملية .
والأخ شارل دي فوكو عاش حياة تأملية كناسك في الصحراء الكبرى في وسط قبيلة بدائية تدعى الطوارق ومات شهيد الحب والإيمان.
كانت الأخت مادلين تعاني من ضعف في صحتها العامة لم يكن يسمح لها بالذهاب إلى الصحراء حيث كانت تريد أن تعيش على خطة شارل دي فوكو. استمدت منه الفكرة الأولى لتأسيس الأخوة الصغار.
وفي 1932 أصيبت بداء في العضلات وآلام في المفاصل مما جعل الأطباء ينصحونها أن صحتها قد تتحسن لو أنها عاشت في بلد طقسه جاف... فراودتها فكرة الذهاب إلى الصحراء مقتفية آثار شارل دي فوكو.
فسمح لها الأب المرشد الروحي بالذهاب إلى الصحراء الكبرى. وقد أوجزت الأخت مادلين قصة حياتها في هذه العبارة المشهورة : "الرب امسك بيدي وتبعت يسوع رب المستحيلات بثقة عمياء لا حد لها".
عاشت الأخت مادلين في الجزائر فترة طويلة لكي تحقق حلم الأخ شارل دي فوكو الذي كان يتمنى أن تكون هناك راهبات يعاوننه في خدمة المجتمع الصحراوي.
الفكرة الأساسية التي قادت الأخت مادلين إلي تأسيس الأخوة عام 1939 هي اتباع يسوع الفقير في حياته في الناصرة أي العمل كنجار والصلاة المستمرة .
يبلغ عدد أخوات يسوع الصغيرات اليوم 1400 من أصل 60 بلدا وكنهن موزعات في 240 أخوة في 64 دولة .
تلبس الراهبات ملابس بسيطة أدهشت الكثيرين في الأربعينات ولفتت أنظارهم الى حياتهن التقشفية واشتراكهن في العمل سواء كان في المصانع أو مع المساجين وخاصة تواجدهن في الصحراء باختصار في خدمتهن للمهملين في المجتمع.
كانت الأخت مادلين تحب أيضا الكنائس الشرقية . في عام 1948 كتبت لقداسة البابا بيوس الثاني عشر: " هذه الحياة الفقيرة التي نعيشها جذبت الشرقيين لرهبانيتنا. فقد طلب كل من المطران مرقص خزام للأقباط الكاثوليك في مصر والمطران جورج حكيم للروم الكاثوليك في الجليل المساهمة في ابروشياتهما.
وفي الخمسينات انتشرت رسالة أخوات يسوع الصغيرات في مصر وسوريا ولبنان وفلسطين .
(6)
TAÏSSIR, L'ENFANT DE BAB EL LOUK
LE PETIT PROPHÈTE

J'ai trouvé dans ma bibliothèque, parmi les nombreux livres qui m'ont été offerts ces dernières années, l'histoire émouvante d'un enfant égyptien, Taïssir Tanios Assadorian, fils de Yacoub et de Marcelle.
En date, lieu et circonstances bien diverses des cas de plusieurs enfants que j'ai connus au Brésil et sur lesquels j'ai déjà écrit dans "le Messager", Taïssir a vécu la même expérience de tant d'enfants qui ont su comment affronter les maladies. Il est vrai que la grâce a opéré de façon presque miraculeuse dans ces cas. Mais la correspondance et la docilité de ces enfants qui n'ont pas mis d'obstacles à l'action divine impressionnent les témoins.
Taïssir est né au Caire le 3 janvier de l'année 1943, donc bien loin des nouvelles générations de nos lecteurs. C'est aussi au Caire qu'est décédé notre héroïque garçon, plus précisément à Bab El Louk, le 20 juin de l'année 1956, peu de temps avant de compléter ses 14 ans. Son père était arménien orthodoxe et sa mère arménienne catholique.
Quand il comptait à peine 5 ans et demi, il a été atteint et éprouvé durement par une atrophie musculaire progressive, une maladie inguérissable selon les médecins de l'époque. Cette maladie a obligé notre Taïssir à vivre pendant les huit années suivantes sur un lit, jusqu'au jour de sa mort. Avec le temps, de nombreuses plaies lui couvrirent le corps et il avait dû même subir l'amputation d'une jambe. Devant cette réalité, cet exceptionnel garçon a écrit un jour dans son cahier de notes: "J'ai sept plaies, exactement comme le Christ… je suis comme Job. Le Seigneur m'a enlevé les jambes mais, malgré cela, je bénis le Seigneur".
Ce cahier qu'il nous a laissé nous révèle ses sentiments intimes et nous renseigne sur les prières qu'il composait et récitait. Il n'avait presque rien étudié, étant empêché par sa santé extrêmement précaire. Les deux années seulement qu'il a pu étudier, il les a passées au Collège des Jésuites et au Collège des Frères de la Salle. C'est chez les Frères qu'il a fait sa Première Communion.
Il a laissé, au dire de ceux qui l'ont connu, un message pour l'humanité. Malgré sa maladie, jamais on a entendu un seul mot de plainte ou de révolte. Au contraire, le sourire l'a accompagné jusqu'au moment de sa mort. Un de ses collègues, musulman, a même fait une observation à ce sujet: "On pouvait passer des heures à l'entendre; c'est toujours dans la joie que cet enfant nous parlait". Un autre comportement attirait l'attention de ses amis: c'était une exquise sensibilité en ce qui concerne le problème de la désunion entre les personnes. Sa mère a même parlé de son "esprit œcuménique", chose rare chez un enfant. "En fait, affirme sa mère, il embrassait le monde entier dans un esprit oecuménique. Il ne pouvait pas accepter la désunion entre les personnes, étant donné, pensait – il, que tous sont des frères et des sœurs dans le Christ".
Et par rapport aux musulmans, son comportement était toujours fraternel. Sa mère nous relate un fait qu'illustre bien cette attitude d'ouverture envers les musulmans. Un jour elle avait amené ses enfants dans un club. À un certain moment, elle s'est aperçue qu'il avait échappé à sa vigilance. Elle s'est mise alors à le chercher partout, très préoccupée. Le cœur serré, elle a parcouru plusieurs endroits, jusqu'à ce qu'elle le trouve au milieu d'un groupe qui l'écoutait attentivement. Un monsieur qui se trouvait parmi les assistants demande à sa mère: "Il est votre fils ?". Elle répond positivement. Alors il s'exclame: "C'est un petit prophète!". Et ensuite il lui explique ce qu'il entendait par ces mots. Il avait demandé a Taïssir quelle était sa religion et sa réponse a été surprenante: Est-ce que ce n'est pas Dieu qui m'a créé? Est-ce que ce n'est pas Dieu qui t'a créé aussi? Je suis chrétien, mais si Dieu nous a tous créé, alors nous sommes tous des frères. Ne posez plus cette question à personne".
Une autre attitude propre à Taïssir, qui n'est pas tellement commune chez les enfants, c'était le fait de penser avec amertume à ceux qui vivent loin de la grâce de Dieu. Un prêtre qui l'a bien connu nous a donné sur lui un témoignage significatif: "Taïssir était transparent comme le cristal… Il était sensible à la situation de tant de gens qui vivent en état de péché".
L'auteur anonyme du livre "Sabi oua jassadouhou" (L'enfant et son corps), une biographie sur Taïssir, nous raconte que cet enfant avait l'habitude d'offrir ses souffrances pour les pécheurs et pour ceux qui n'ont pas la foi…
Sa Béatitude le Patriarche Arménien Catholique, Ignatios Boutros XVI Batanian, dans la préface du livre, nous rappelle la phrase du Christ: "N'avez-vous, jamais lu ce texte: Par la bouche des tout-petits et des nourrissons, tu t'es préparé une louange?" (Mt 21, 16).
Son esprit tourné vers les autres était une caractéristique qui l'accompagna pendant les 8 ans de sa maladie. Père Chalour, directeur de l'école copte de la rue Souleiman Pacha, qui accompagna de très près l'itinéraire spirituel de l'enfant, se rappelle que, la première fois qu'il l'a visité à la maison, Taïssir l'a vivement impressionné.
"Dès qu'il m'a vu, raconte le prêtre, et avant même que je lui demande comment va sa santé, il m'a remercié de la visite et m'a posé des questions sur ma santé, me parlant ensuite de Dieu. Il était toujours ainsi, notre Taïssir. À la fin, c'était le visiteur qui sortait consolé; on ne savait pas qui était le malade et qui le bien portant. Il ne me demandait même pas pour prier pour sa guérison. Pour Taïssir, il était suffisant, comme il disait, que je prie pour lui et pour sa famille… Ses sujets préférés étaient Dieu, l'Evangile, la Vierge Marie, le Ciel…"
Cet enfant qui de la vie n'a presque connu que la maladie, désirait voir les autres heureux, sans jamais se préoccuper de son état de santé; il ne parlait jamais de ses douleurs ni de soi-même. Et dans les moments de douleurs, il ne faisait que répéter les mots: "Notre père qui êtes au cieux…".
Taïssir a été le miracle de la grâce, qui opère dans l'intime des cœurs qui ne mettent pas d'obstacle aux réalités spirituelles. Les années se sont écoulées et on parle rarement de Taïssir. La nouvelle génération ignore même son existence sur la terre. Aujourd'hui, cependant, il suffirait de nous souvenir de son nom et de sa vie pour que nous puissions glorifier Dieu pour Sa puissance et Son action. "Qui a péché pour qu'il soit aveugle, lui ou ses parents?" C'est la demande posée par quelqu'un à Jésus à propos de l'aveugle de naissance. Et Jésus a répondu: "Ni lui ni ses parents. Mais c'est pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui !" (Jn 9, 3-4). C'est en lisant l'histoire de Taïssir que j'ai compris finalement cette phrase de Jésus. En fait, tous ceux qui l'ont connu, chrétiens ou musulmans, louaient Dieu pour les merveilles qu'Il opérait en ce petit malade et à travers lui. Et tous ceux qui aujourd'hui entendent son histoire, n'auront pas une exclamation différente sur les lèvres. Ils diront: "Dieu soit loué!". Il est glorifié dans ses saints, mais surtout en ceux qui sont témoins fidèles de la croix de son Fils. Impressionnante, dans ce sens, a été son attitude peu avant de mourir. Il demande à sa mère un crucifix. Elle le cherche et le place sur le corps de l'enfant. Les douleurs disparaissent comme par enchantement. Une heure après, il perd conscience et part vers la maison du Père.
"تيسير" ، طفل من باب اللوق
النبي الصغير
أثناء بحثي في العديد من الكتب التي تم إهدائي إياها في السنوات الأخيرة ، وجدت قصة مؤثّرة لطفل مصري يدعى تيسير طانيوس أسادوريان ، ابن يعقوب ومارسيل.
كان تيسير، مع اختلاف الزمان والمكان والظروف، كغيره من الأطفال المرضى الذين تعرفت عليهم في البرازيل وكتبت عنهم في جريدة "حامل الرسالة" والذين عرفوا كيف يواجهون المرض.
صحيح أن النعمة عملت بشكل معجز في تلك الحالات، ولكن كان هناك أيضاً تجاوب لدى هؤلاء الأطفال الذين لم يضعوا حواجز أمام العمل الإلهي ، ما يثير إعجاب كل من يسمع بهم.
وُلِدّ تيسير في القاهرة في الثالث من يناير كانون ثان من العام 1943، وهو زمن بعيد بالنسبة للأجيال الجديدة من القراء.
وقد توفي بطل قصتنا في القاهرة أيضاً ، وتحديداً في حي باب اللوق، وذلك يوم 20 يونيو/حزيران من العام 1956 قبل أن يبلغ الرابعة عشرة من عمره بقليل. ينتمي والده إلى كنيسة الأرمن الأرثوذكس في حين كانت والدته تنتمي إلى كنيسة الأرمن الكاثوليك.
عندما بلغ تيسير الخامسة والنصف من عمره، أصيب بشدة بضمور عضلي متقدم، وهو مرض عضال لا شفاء منه بحسب أطباء ذلك العصر. بسبب هذا المرض، اضطر تيسير أن يمضي السنوات الثماني التالية من عمره ملازماً الفراش حتى وفاته. وبمرور الوقت ، بدأت قروح عديدة تغطي جسده كما تعرّض لعملية بتر لساقه. وأمام هذا الوضع المأسوي ، نجد هذا الصبي غير العادي يكتب يوماً في مذكراته الكلمات التالية: "أنا عندي سبع جروح ذي المسيح... أنا ذي أيوب ، بس ربنا أخد مني رجليَّ كمان ، مع ذلك ، أبارك الله!"
تكشف لنا هذه المذكرات المشاعر الداخلية لتيسير كما نجد فيها الصلوات التي كان يكتبها ويتلوها. لم يستطع أن يواصل دراسته بسبب الحالة الدقيقة جداً التي كانت عليها صحته . استطاع أن يدرس سنتين فقط أمضاهما في مدرسة العائلة المقدسة للآباء اليسوعيين أولاً ثم في مدرسة الفرير بباب اللوق حيث تقدم للمناولة الأولى الاحتفالية.
وبحسب الذين عرفوه ، فقد ترك تيسير رسالة إنسانية للبشر. بالرغم من مرضه، لم تخرج من فيه قط كلمة شكوى أو تذمر ، بل على العكس ، لم تفارقه البسمة حتى لحظة وفاته. وكان واحد من أصدقائه ، وهو مسلم الديانة ، قد علّق على هذا الأمر قائلاً: "يمكن الاستماع إليه لساعات، كان هذا الطفل يتحدث دائماً فَرِِحاً." وكان هناك سلوك آخر يتميز به تيسير ويجذب انتباه أصدقائه وهو أنه كان يشعر بنوع من الحساسية تجاه مشكلة عدم الوفاق بين الناس، كما تحدثت والدته عن "روحه المسكونية" التي نادراً ما نجدها عند الأطفال. وتؤكّد والدته ذلك قائلة : "في الحقيقة ، كان تيسير ينظر إلى العالم أجمع بعين مسكونية، فلم يكن يتخيّل وضعاً مخالفاً للوفاق بين الناس حيث أنه كان يؤمن أن الجميع هم إخوة وأخوات في المسيح".
وكان سلوكه دائماً أخوياً تجاه المسلمين . وتذكر لنا والدته حدثاً يؤكد بوضوح هذا السلوك الانفتاحي لديه . ففي أحد الأيام ، اصطحبت أولادها إلى النادي. وفي لحظة معيَّنة ، لاحظت أن تيسيراً اختفى من أمام عينيها، فذهبت للبحث عنه في كل مكان وهي مضطربة إلى أن وجدته في وسط مجموعة من الأناس الذين كانوا ينصتون إليه بانتباه. فدنا إليها أحد الحاضرين وسألها: "هل هذا ابنكٍِِِِِِِِِِِِ؟" وعندما ردت بالإيجاب، صرّح لها قائلاً : "بالحقيقة هو نبي صغير" ثم أخذ يشرح لها ما الذي دعاه لأن يتحدث عنه هكذا . لقد سأل تيسيراً عن ديانته ففاجأه قائلا": "أليس الله هو الذي خلقني وهو نفسه الذي خلقك ؟ أنا مسيحي ولكن ما دام الله خلقنا جميعاً فكلنا إخوة. فلا تَعُدْ تطرح على أحد هذا السؤال".
هناك سلوك آخر خاص بتيسير قليلاً ما نجده لدى الأطفال. فكان يتحدث بمرارة عن هؤلاء الذين كانوا يحيون بعيداً عن نعمة الله . ويعطينا أحد الكهنة – الذي كان يعرفه جيداً – شهادة عنه بهذا الخصوص قائلاً : "كان تيسير ذا شفافية ونقاء... كان يشعر بحساسية مفرطة تجاه وضع الأشخاص الذين كانوا يعيشون في حالة خطيئة".
ويذكر لنا مؤلف السيرة الذاتية لتيسير تحت عنوان "صبي وجسده" أنه كان من عادة هذا الطفل أن يقدّم آلامه من أجل الخطأة وفاقدي الإيمان ...
ويقدّم غبطة البطريرك أغناطيوس بطرس السادس عشر بطانيان ، بطريرك الأرمن الكاثوليك ، لهذه السيرة الذاتية مذكَِّراً بقول المسيح:
" أما قرأتم قط أن من أفواه الأطفال والرضع هيأت تسبيحاً؟" ( متى 21: 16) وما كان يميّز تيسيراً طوال الثمانية أعوام لمرضه هو روحه الموجَّهة على الدوام للاهتمام بالآخرين . ويذكر الأب شالور ، مدير المدرسة القبطية الكائنة بشارع سليمان باشا ، والذي رافق عن قرب المسيرة الروحية لتيسير، أنه أُعْجب كثيراً بهذا الطفل خلال زيارته الأولى له في المنزل.
ويحكي الأب شالور: "ما أن رآني ، وقبل أن أساله عن صحته ، شكرني على زيارتي له وسألني عن صحتي ثم أخذ يحدّثني عن الله . هذا هو تيسير! وفي النهاية ، يجد الزائر نفسه هو الحاصل على التعزية ، ولا يعود واضحاً من هو المريض ومن هو المعافى.
ولم يكن حتى يطلب مني أن أصلي من أجل شفائه. وكان تيسير يقول أنه يكفي أن أصلي من أجله ومن أجل عائلته ... أكثر الموضوعات التي كان يفضّل التحدث فيها هي الله ، الإنجيل ، مريم العذراء والسماء. "
إن هذا الصبي، الذي لم يعرف من الحياة سوى المرض، كان يرغب في أن يري الآخرين سعداء من دون أن يلتفت إلى حالته الصحية. لم يتحدث قط عن آلامه ولا عن نفسه . وفي لحظات آلامه ، كان فقط يردد:"أبانا الذي في السماوات...".
كان تيسير معجزة النعمة التي تعمل في صميم قلوب الذين لا يضعون العوائق أمام أعمال الرب. تمر السنون ، ويخفف الحديث عن تيسير حتى إن الأجيال الجديدة لم تسمع عنه. ومع ذلك ، فإنه يكفي اليوم ذكر اسم تيسير وحياته لكي يتمجد الرب لقدرته وعمله .
"وفيما هو مجتاز رأى إنساناً أعمى منذ ولادته ، فسأله تلاميذه قائلين: "يا معلِّم ، من أخطأ: هذا أم أبواه حتى وُلِدَ أعمى؟" . أجاب يسوع: "لا هذا أخطأ ولا أبواه ، لكن لتظهر أعمال الله فيه". (يو 9: 1-3).
فهمتُ أخيراً هذا القول بفضل قراءتي لقصة تيسير. في الحقيقة ، فإن كل من عرفوه ، مسيحيين كانوا أو مسلمين ، مجّدوا الله لأعماله العظيمة التي عملها في هذا الصبي ومن خلاله. واليوم، كل من يسمع قصة تيسير هذه، لن يكون بوسعِه سوى أن يصرخ: "ليتمجد الرب!".
"عجيب الله في قديسيه" لاسيما في هؤلاء الشهود المخلصين لصليب ابنه. يتجلى هذا في موقف مؤثّر أتى به تيسير قبيل وفاته. فقد طلب من والدته أن تأتي له بصليب. فأحضرت صليباً ووضعته على جسد الصبي فاختفت الآلام فجأة . وبعد فترة قصيرة، فقد تيسير الوعي وانتقل إلي حضن ألآب.
الأرشيمندريت موريس خوري
ترجمة فادي ثروت فرنسيس
TAISSIR … O MENINO EGÍPCIO
NOS SOFRIMENTOS … O SORRISO
Encontrei em minha biblioteca, entre os livros que me foram ofertos nestes últimos anos, a história de Taissir Tanios Assadorian, filho de Yacoub et de Marcelle.
Em data, lugar e circunstâncias bem diferentes, Taissir viveu a mesma experiência das crianças brasileiras, de Jobair, Suely, Marly, Cassiano … É fácil de aplicar aqui a frase do Evangelho que diz :
"O Espírito sopra onde quer …"
Taissir nasceu no Cairo a 3 de janeiro de 1943 e morreu nesta mesma cidade, no bairro de Bab Louq, em 20 de junho de 1956, pouco antes de completar 14 anos. Seu pai era armênio ortodoxo e sua mãe armênia católica. Quando contava apenas 5 anos e meio foi acometido de atrofia muscular progressiva, uma doença incurável, segundo os médicos de então. Esta doença obrigou Taissir a viver num leito durante os oito anos seguintes até o dia de sua morte. Com o passar dos anos, o menino ia definhando, até que seu corpo se tornou uma única chaga... A este ponto o menino escreveu um dia em seu diário : "Eu tenho sete chagas tal qual Cristo … Eu sou como Jó. O Senhor me tirou as pernas, mas apesar disso eu digo: Deus seja louvado!"
Taissir deixou-nos um diário que é um misto de sentimentos próprios e preces. Havia estudado pouquíssimo devido a sua saúde precaríssima. Os dois anos somente em que conseguiu estudar, passou-os no colégio dos Jesuítas de Faggalah e no colégio dos Irmãos de La Salle. Nesta última escola fez a sua Primeira Comunhão.
Deixou ele também uma mensagem para a humanidade. Malgrado a sua situação, jamais se ouviu uma única palavra de lamento. Pelo contrário, o sorriso o acompanhou até o momento de sua morte. Um colega seu, muçulmano, até observou" que se podia passar horas a ouvi-lo; este menino conversava conosco sempre alegremente". E o que era mais impressionante, sobretudo levando em conta a sua pouca idade, é que tinha uma sensibilidade especial para o problema da desunião entre as pessoas. Sua mãe chegou mesmo a falar de seu "espírito ecumênico" : "De fato ele abraçava o mundo inteiro num espírito ecumênico. Nao podia aceitar a desunião entre as pessoas, sendo todo mundo irmãos e irmãs em Cristo".
E com relação aos muçulmanos, sua atitude era sempre fraterna. Sua mãe relata que um dia foi com os filhos a um clube. Havendo Taissir, nesta ocasião, escapado à sua vigilância, foi à procura do menino, muito preocupada. Percorreu diversos lugares, nesta busca aflita. Eis senão quando o encontra no meio de uma roda de muçulmanos que o escutam atentamente. Um deles pergunta à mãe: "É seu filho ?" Ao ouvir a resposta positiva, este senhor exclama : "É um pequeno profeta!…" E explica em seguida o motivo da sua exclamação. Ao perguntar a Taissir qual era a sua religião, este respondeu : "Não foi Deus quem me criou e não foi Deus quem o criou? Eu sou cristão, mas se foi Deus quem criou a todos, somos então irmãos! Não faça mais esta pergunta a ninguém!"
Outro sentimento que não é nada comum em crianças, era o fato de se referir com mágoa aos que vivem fora da graça de Deus. Um padre que o conheceu dizia : "Taissir era transparente como cristal … era sensível à situação de tantos que vivem em estado de pecado".
Diz o autor do livro sobre Taissir que ele oferecia suas dores e sofrimentos pelos pecadores e pelos que não têm fé…
Sua Beatitude o Patriarca Armênio Católico, Ignatios Boutros XVI Batanian, prefaciando o livro, relembra a frase de Cristo : "Não lestes que é da boca das crianças e dos bebês que vem o louvor ?" (Mt. 21, 16)
Seu espírito voltado para os outros era uma característica que o acompanhou durante todos os 8 anos de doença. Padre Chalour, diretor do colégio copta da rua Souleiman Pacha, que acompanhara de perto o seu itinerário espiritual, lembra-se de que na primeira vez em que o visitou, ficou muitíssimo impressionado.
"Logo que me viu, conta o padre, e antes que eu me informasse sobre o seu estado, agradeceu-me a visita e perguntou-me sobre minha saúde e me falou de Deus… Não se referiu em nenhum momento à sua doença… Era sempre assim Taissir. No fim, o visitante é que saía consolado; não se sabia quem era o doente e quem o sadio. E nem me pedia para rezar pela sua recuperação. Para Taissir era já suficiente, como ele dizia, que eu rezasse por ele e pela sua família… Seus assuntos prediletos eram Deus, o Evangelho, a Virgem Maria, o Céu…"
Este menino, que não conheceu da vida senão o sofrimento, desejava ver os outros felizes, jamais se preocupando com o seu estado de saúde e nem sequer falando de si mesmo e de suas dores. E nos momentos de sofrimento, alguém observou, repetia não raras vezes as palavras: "Pai nosso que estais nos céus!"
Taissir foi o milagre da Graça, que opera no recôndito dos corações que dão passagem ao espiritual. Os anos passaram, pouco se fala de Taissir, mas basta uma simples lembrança do seu nome e da sua vida para glorificarmos a Deus pela Sua potência e ação. "Por que ele nasceu assim?" Perguntaram a Jesus a respeito do cego de nascença. E Jesus respondeu : "Para que nele se manifestem as obras de Deus". Lendo a história de Taissir compreendi finalmente esta frase do Evangelho. De fato, todos os que o conheciam, cristãos ou muçulmanos, louvavam a Deus pelas maravilhas que Ele operava nesta criança. E todos os que hoje ouvem a sua história nao terão outra exclamação nos lábios. Dirão : Deus seja louvado! Os desígnios de Deus são imperscrutáveis ! Ele é glorificado nos seus santos mas sobretudo naqueles que são testemunhas fiéis da cruz de Seu Filho, nos sofrimentos aturados em união com os do Seu Filho na cruz. Impressiona a sua atitude pouco antes de morrer. Pede à mãe uma cruz. Ela procura em torno uma cruz, coloca-a sobre o corpo da criança. As dores desaparecem como que por encanto. Uma hora depois Taissir perde consciência e parte para a casa do Pai.
Articles et poésies de l'Archimandrite
Maurice Khoury
( Monsenhor Maurício Curi )